
Conseil communal à Habay : assez d’improvisation, assez de déresponsabilisation du Collège
Le dernier Conseil communal à Habay a, une fois de plus, mis en lumière une dérive inquiétante dans la manière dont la majorité prépare les dossiers soumis au Conseil communal.
OPINION
12/24/2025


Le dernier Conseil communal à Habay a, une fois de plus, mis en lumière une dérive inquiétante dans la manière dont la majorité prépare les dossiers soumis au Conseil communal. Un certain nombre de points ont été, une fois de plus, rejetés ou reportés par notre groupe, non par calcul politique, mais parce que les dossiers étaient incomplets, erronés ou manifestement mal préparés.
Annexes manquantes au budget du CPAS, plan d’embauche sans cadre légal, pièces justificatives qui ne correspondent pas aux points soumis au vote, dossiers visiblement mal connus : comment peut-on sérieusement demander aux conseillers communaux de voter dans de telles conditions ?
Face à ces dysfonctionnements répétés, le Bourgmestre adopte systématiquement la même attitude : se décharger de ses responsabilités en rejetant la faute sur l’administration communale. Lors du dernier Conseil, cette attitude a franchi une ligne rouge, avec des mises en cause publiques du personnel communal, pourtant absent pour se défendre.
Les agents communaux travaillent dans un contexte de plus en plus difficile : surcharge de travail, complexité croissante des procédures, manque de moyens humains (pour cause de maladie), pression permanente. Malgré cela, ils continuent à assurer le service public avec professionnalisme, engagement et loyauté envers l’institution communale.
Les exposer publiquement ou en faire des boucs émissaires lors d’un Conseil communal est profondément injuste. Le personnel mérite du respect, du soutien et une direction politique claire — pas des reproches lancés sous le coup de l’énervement.
Le Bourgmestre signe les rapports, préside le Collège et présente les points au Conseil communal. Il est donc pleinement responsable de la qualité, de la cohérence et de la complétude des dossiers soumis au vote. Le rôle du politique est d’encadrer, de vérifier et d’assumer — pas de se cacher derrière ceux qui travaillent sur le terrain.
Dans la note de politique générale du Bourgmestre, il est particulièrement problématique que des constats généraux et sévères soient posés publiquement sur le fonctionnement de l'administration, sans qu’aucun rapport objectivé, contradictoire ou formel n’ait été communiqué aux services ni au Conseil. Présenter l’administration comme devant être « redressée » relève d’une formulation excessivement autoritaire, qui engage implicitement les agents et fragilise la sécurité juridique de l’institution, alors même que ceux-ci agissent dans le cadre des décisions et des moyens arrêtés par le pouvoir politique.
La démocratie communale mérite mieux que des dossiers bâclés, une pression injustifiée sur le personnel et une fuite permanente des responsabilités.
