LA DÉMOCRATIE COMMUNALE MÉRITE MIEUX

Une mise au point s'imposait lors du conseil communal du 27 mai, à la suite de propos irrespectueux et inacceptables tenus lors de la séance précédente. Voici l’intervention prononcée par Véronique Mergaux au nom du groupe Gérer+ en ouverture de la séance.

OPINIONEDITORIAL

6/4/2026

Une mise au point s'imposait lors du conseil communal du 27 mai, à la suite de propos irrespectueux et inacceptables tenus lors de la séance précédente. Au-delà des personnes, c'est la place de la minorité dans le débat démocratique et le respect du travail de contrôle des conseillers communaux qui sont en jeu.

Voici l’intervention prononcée par Véronique Mergaux au nom du groupe Gérer+ en ouverture de la séance.

"Si je souhaite prendre la parole au nom de mon groupe en début de séance, c’est dans le but de faire quelques mises au point suite au dernier conseil communal.

En effet, les échanges entendus le mois passé amènent à s’interroger sur le rôle que la majorité et la minorité doivent — ou devraient — exercer lors de l’examen des différents points à l’ordre du jour d’un conseil.

Habay est confrontée à de nombreux défis liés à son expansion, mais aussi à la concrétisation de projets importants et complexes laissés en suspens. Nous sommes parfaitement conscients que la tâche est difficile, dans un contexte administratif tendu.

Dès le début de la législature, notre groupe a affiché une position claire. Bien que nous ne fassions pas partie de la majorité, nous avons reçu la confiance de nombreux citoyens que nous représentons. Et à ce titre, nous relayons leurs demandes, leurs inquiétudes et parfois leurs critiques. C’est un rôle essentiel dans une démocratie.

Faute d’avoir été entendus directement par le collège, des citoyens nous ont demandé de transmettre plusieurs pétitions : celle relative à l’installation d’un Batopin à Habay-la-Neuve, forte de plus de 850 signatures, et plus récemment celle de 450 citoyens de Habay-la-Vieille concernant l’avenir de leur place. Ces citoyens ne sont pas tous nos électeurs, mais ils nous font confiance pour porter leur voix.

Nous avons toujours affirmé que notre travail se veut constructif : saluer ce qui fonctionne, améliorer ce qui peut l’être et signaler ce qui pose problème.

Pourtant, depuis plusieurs séances — et en particulier lors de la dernière — nous constatons une tension croissante, voire même une volonté de ne plus débattre de certains points.

La dernière séance illustre cette logique de confrontation qui s’installe dès que des divergences apparaissent. Nous avons l’impression que la majorité s’est enfermée dans une logique consistant à considérer que le rôle de la minorité se limite à être simplement les empêcheurs de tourner en rond.

Lorsque nous avons proposé d’enrichir la motion relative à l’institution provinciale, vous avez salué le travail et intégré nos propositions.

À l’inverse, lorsque Philippe Halbardier a mis en évidence des risques concrets dans le dossier de l’enseignement, la réaction a été tout autre. Au lieu de considérer cette intervention comme utile, nous avons été accusés de vouloir torpiller l’action du collège. Il nous a même été reproché de ne pas avoir corrigé le dossier en amont, comme si cela relevait de la responsabilité de Gérer+.

Il a ensuite été demandé à Philippe de prendre contact avec l’administration pour effectuer lui-même les vérifications. Autrement dit, de faire un travail qui relève de ceux qui présentent les dossiers. Par la suite, l’échevin de l’enseignement a même reproché à Philippe (par écrit) d’avoir eu un comportement irrespectueux à son égard.

Nous verrons que, lorsque ce point sera abordé à nouveau au cours de ce conseil, les remarques de Philippe étaient bel et bien justifiées et que les données ont été corrigées en conséquence.

Le message est clair : lorsque nous allons dans votre sens, nous sommes salués. Lorsque nous identifions un problème, nous devenons suspects.

Concernant la place Pierre Nothomb, nous relayons des inquiétudes légitimes de riverains et de commerçants. Il ne s’agit pas d’obstruction. Nous saluons le travail mené. Mais lorsque vous affirmez que certains choix seraient “indiscutables”, cela revient à fermer le débat.

Les préoccupations exprimées sont pourtant concrètes et méritent d’être entendues.

Par ailleurs, les décisions récentes de la tutelle apportent un éclairage important.

Plusieurs décisions que vous avez prises, majorité contre Gérer+, ont été annulées, non pour des raisons politiques, mais pour non-respect de règles en matière de recrutement, de motivation et de droit à l’information.

Il est regrettable que nous ne puissions pas en dire plus en séance publique puisque ces communications feront l’objet d’un huis clos. Pas toutes d’ailleurs, car il semble que le collège ait décidé de ne pas tout communiquer au conseil. On est loin de la gouvernance transparente que vous aviez promise !

Mais je souhaite que, tous dans cette salle, sachent que la tutelle nous a donné raison quand nous avons contesté certaines de vos décisions, ce qui renforce notre conviction que notre rôle est avant tout de veiller au respect de la légalité et des règles démocratiques.

Dans ce contexte, nous appelons à un changement de posture.

Si les objectifs de tous autour de cette table sont les mêmes — assurer une gestion rigoureuse, transparente et conforme à la législation, dans l’intérêt de notre commune, de son personnel et de ses citoyens — alors il est essentiel d’adapter la méthode de travail.

Plutôt que de ralentir l’accès aux documents, de compliquer le dialogue avec l’administration, de soupirer, de lever les yeux au ciel, de ricaner lors de certaines de nos interventions ; plus grave encore, plutôt que de décrédibiliser le travail de Gérer+, de nous obliger à faire des recours parce que vous ne travaillez pas toujours dans la légalité, nous pensons qu’il est temps de revenir à un fonctionnement apaisé et respectueux.

Le rôle d’un conseiller communal est de contrôler, de questionner et de contribuer. Ce rôle n’est pas une entrave, une attaque gratuite, un manque de respect : ce rôle est au cœur du fonctionnement démocratique.

Nous sommes convaincus qu’une autre dynamique est possible, fondée sur la transparence, le respect et la volonté d’avancer ensemble.

Car au-delà de nos divergences, nous partageons une responsabilité commune : permettre à tous les citoyens de Habay de bénéficier d’une gestion rigoureuse et collective.

Par conséquent, la réaction qui nous a été adressée lors de la dernière séance est inacceptable. Elle ne reflète pas le travail sérieux, responsable et constructif que nous menons.

Nous constatons également que le président, à plusieurs reprises, s’écarte du rôle de neutralité qui lui incombe. Son rôle est de garantir le bon déroulement des débats, pas de prendre position sur le fond des interventions.

Enfin, nous observons une tendance à renvoyer la responsabilité vers la minorité ou l’administration lorsque des problèmes sont soulevés.

N’oubliez jamais que le collège a la responsabilité de présenter des dossiers complets, solides et prêts à être débattus.

Ce que nous demandons est simple : que nos interventions soient entendues comme des contributions utiles, et non comme des intentions de nuire.

Nous continuerons à exercer notre rôle avec sérieux, dans le respect des institutions et dans l’intérêt général.

Nous restons disponibles pour travailler dans un esprit de collaboration.”

Véronique Mergaux, au nom du groupe Gérer+