MODIFICATION BUDGÉTAIRE N°2 : 3,6 MILLIONS D'EUROS DE CRÉDITS D'INVESTISSEMENT EN MOINS : QUE DEVIENNENT LES PROJETS ?

Certains investissements annoncés avec beaucoup d’ambition en début de mandature étaient-ils réellement prêts à être réalisés ?

DÉLIBÉRATIONS CC

10/14/2026

Cette situation nous amène donc à poser une question plus fondamentale.

Certains investissements annoncés avec beaucoup d’ambition en début de mandature étaient-ils réellement prêts à être réalisés ?

À quoi sert d’inscrire des millions d’euros au budget si, quelques mois plus tard, une grande partie de ces crédits est retirée sans que le conseil sache clairement ce qu’il advient des projets concernés ?

La Tutelle avait déjà demandé des explications

Cette interrogation n’arrive pas de nulle part.

Lors de l’examen de la précédente modification budgétaire, l’autorité de tutelle avait déjà demandé à la commune de revoir certains déséquilibres entre les recettes et les dépenses liées à plusieurs projets extraordinaires.

Elle avait également demandé que ces déséquilibres soient corrigés ou, à défaut, justifiés, et avait invité la commune à clarifier la situation du boni dégagé au service extraordinaire.

Et la situation financière ordinaire ?

Notre vote négatif ne concernait pas uniquement les investissements.

Au service ordinaire, le budget reste certes en boni, mais le résultat global diminue d’environ 102.000 €, passant de 917.063 € à 815.073 €.

Surtout, l’équilibre de l’exercice propre devient beaucoup plus fragile : le boni n’est plus que de 133.049 €.

Dans le même temps, les dépenses augmentent, notamment celles liées au personnel et au fonctionnement. Une partie de l’équilibre est également assurée par l’utilisation de provisions et de prélèvements.

Là encore, notre question n’est pas de savoir si chaque dépense est justifiée prise isolément. Certaines le sont certainement.

Notre interrogation porte sur la tendance générale : les dépenses récurrentes augmentent-elles plus rapidement que les recettes structurelles ? Et combien de temps peut-on soutenir cet équilibre en utilisant des provisions constituées précisément pour faire face à certains risques ?

Pour GÉRER+, une modification budgétaire de cette ampleur ne peut pas être considérée comme une simple formalité technique.

Elle doit permettre au conseil communal de comprendre où en sont réellement les projets annoncés aux citoyens et où va l’argent public.

Nous demandons donc une vision consolidée et lisible des investissements :

Qu’est-ce qui est fait ?

Qu’est-ce qui est encore prévu ?

Qu’est-ce qui est reporté ?

Qu’est-ce qui est abandonné ?

Et qu’est-ce qui a simplement été déplacé ou reprogrammé ?

Ce n’est qu’à cette condition que les conseillers communaux et, au-delà d’eux, les citoyens, pourront réellement mesurer l’avancement du programme de la majorité.

Parce qu’un projet inscrit dans un budget n’est pas encore un projet réalisé.

Et parce qu’une diminution de crédit n’est pas une explication.

C’est pour ces raisons que les conseillers GÉRER+ ont voté contre la modification budgétaire n°2, tant au service ordinaire qu’au service extraordinaire.

  • Conseil communal du 30 septembre 2026

  • Sujet : Modification budgétaire n° 2 - exercice 2026 - ordinaire et extraordinaire

  • Notre position : NON

Une modification budgétaire est, en principe, un exercice normal : en cours d’année, certains montants doivent être adaptés, des dépenses apparaissent, d’autres sont reportées.

Mais la deuxième modification budgétaire de 2026 nous semble aller bien au-delà d’un simple ajustement comptable.

Au service extraordinaire, ce sont plus de 3,6 millions d’euros de crédits de dépenses qui sont diminués. Et derrière ces chiffres, ce sont plusieurs projets annoncés aux habitants qui sont concernés.

La MB2 prévoit environ 1,63 million d’euros de nouvelles dépenses, mais surtout 3,64 millions d’euros de diminutions de crédits.

Parmi les principales réductions :

  • 1,5 million d’euros retirés du programme de réfection de voiries à Hibe, Kolenweg, Pré de la Dame à Habay-la-Vieille et Nantimont ;

  • 570.000 € retirés du projet de verdissement et d’aménagement de deux cimetières ;

  • 506.691 € retirés du programme de protection des captages ;

  • 165.000 € en moins pour les améliorations sécuritaires des ateliers ;

  • 150.000 € en moins pour les bâtiments communaux ;

  • 90.000 € retirés du programme des plaines de jeux.

Des annonces aux réalisations : où en sont réellement les projets ?

Que reste-t-il aujourd’hui du programme d’investissements présenté en début de mandature ?

Ces projets dont les crédits sont aujourd’hui réduits ou retirés sont-ils reportés, abandonnés ou reprogrammés ultérieurement ?

C’est précisément ce que nous avons demandé lors du conseil communal. Nous n’avons pas obtenu de réponse permettant de connaître clairement le devenir de ces différents projets.

Et c’est là que se situe, pour GÉRER+, le véritable problème.

Sans cette information, impossible de distinguer un simple décalage dans le temps d’un changement de priorité. Impossible également de savoir quels projets annoncés en début de mandature restent effectivement programmés.

Des investissements qui font le « yoyo »

Au fil des modifications budgétaires, nous constatons une succession d’inscriptions, de réductions et de suppressions de crédits.

Pendant que certains projets diminuent fortement ou voient leurs crédits retirés, de nouvelles dépenses apparaissent ou augmentent  :

  • 300.000 € d’honoraires pour le projet Vivalia  ;

  • 112.297 € pour du mobilier urbain ;

  • 100.000 € d’honoraires pour la maison de village d’Anlier ;

  • 97.141 € pour la vectorisation du réseau d’eau ;

  • ainsi que de nouvelles adaptations concernant notamment la Place du Centenaire.

Ces mouvements successifs rendent difficile la lecture des véritables priorités de la majorité.

Un budget d’investissement doit constituer une feuille de route. Il ne devrait pas devenir un jeu de chaises musicales au fil des modifications budgétaires.