PLACE DU CENTENAIRE - HISTORIQUE DE LA CABINE ELECTRIQUE

OPINIONTRAVAUXURBANISME

8/14/2026

Le projet de cabine électrique sur la Place du Centenaire à Habay-la-Vieille trouve son origine en 2017, lorsque le collège communal décide d’enterrer les raccordements électriques aériens du réseau ORES afin d’améliorer l’esthétique de la place.

Dans ce cadre, un permis est délivré à la commune pour remplacer le transformateur existant sur poteau par une cabine au sol située au nord de la place. Le fonctionnaire délégué demande alors que cette cabine soit adossée à un bâtiment de ferme en périphérie de la place.

En 2018, le projet évolue : la commune propose la création d’un jardin partagé au centre de la place, accompagné d’un cabanon de rangement adossé à la cabine électrique. L’emplacement de la cabine est modifié lors de réunions entre la commune, la Fondation Rurale de Wallonie (FRW) et le fonctionnaire délégué. Toutefois, ce cabanon ne figure pas dans la demande de permis et la population s’oppose au projet de jardins partagés, notamment en raison des contraintes du terrain rocheux. Il est précisé que cette proposition émane de la commune et non de la Commission locale de développement rural (CLDR).

En 2019, un promoteur obtient un permis pour construire un immeuble de 14 appartements en bordure de la place, à l’endroit de la ferme initialement envisagée pour accueillir la cabine communale. Une cabine électrique destinée à alimenter cet immeuble est prévue directement dans les plans du projet immobilier.

En 2020, une réunion entre la commune, le promoteur et la DGO4 décide que le premier acteur à entamer les travaux (le promoteur ou la commune) devra installer la cabine, soit dans l’immeuble, soit sur la place. Des discussions s’engagent alors : ORES indique que quelques adaptations mineures permettraient d’intégrer la cabine dans l’immeuble du promoteur.

En juin 2022, lors d’une réunion avec le bourgmestre Serge Bodeux et l’échevin des travaux Johan Flammang, il est proposé de construire la cabine sur le terrain communal, car elle doit également desservir la place. Les deux parties marquent leur accord pour cette solution, mais cet accord n’est jamais formellement transmis à l’administration communale. Les travaux débutent alors sur le domaine communal sans décision du collège ni du conseil communal.

Le collège communal, réuni à de nombreuses reprises reporte ce point sans examen lors des différentes réunions hebdomadaires. Il est fait mention dans ces projets de délibérations :

· des nombreuses demandes de la part du promoteur de l’immeuble à appartement, pour d’une part, construire la cabine dans son immeuble et d’autre part, connaître la participation financière de la Commune;

· des rappels des actions à prendre en concordance avec les obligations des marchés publics et les décisions à prendre par le conseil communal.

Ayant fait partie de l'ancien collège, Olivier Barthélemy a précisé qu'il n'était pas en accord avec les options prises par le collège suite à ces événements et qu'il se retirait des séances de collège lorsque ce sujet était abordé. Ainsi, il n'est pas lié financièrement au dossier.

Durant l’été 2022, la cabine est construite sur le domaine communal par l’entreprise Gérard Construction, société liée au promoteur AMT IMMO, sous la supervision du bureau d’étude du promoteur sans autorisation officielle, sans marché public, ni convention. Le dossier est présenté à plusieurs reprises au collège communal mais systématiquement reporté sans débat.

En septembre 2022, la signature d’un bail emphytéotique avec ORES est proposée au conseil communal, mais la discussion est reportée après qu’une question est posée sur la légalité d’un bail pour un bâtiment non autorisé par la commune. À ce jour, aucun bail n’a été conclu avec ORES.

En 2023, une demande de permis en régularisation est introduite. Le projet de jardin partagé est finalement abandonné et remplacé par un espace de convivialité. Afin de réduire l’impact visuel de la cabine, le collège décide d’adapter l’architecture du bâtiment.

La même année, un recours est introduit auprès du Ministre, dénonçant l’irrégularité de la construction. Celui-ci rappelle que tout projet de travaux publics doit faire l’objet d’une décision de l’organe compétent et respecter la législation relative aux marchés publics.

En mars 2024, une plainte est déposée auprès du Procureur du Roi concernant plusieurs actes jugés illégaux sur ce chantier. Le dossier est actuellement à l’information.

En juillet 2025, lors d’une réunion avec la population, le collège reconnaît officiellement plusieurs irrégularités : la cabine a été construite par un prestataire externe sans décision officielle de la commune. Bien que son emplacement corresponde aux plans initiaux et que les aspects urbanistiques soient régularisés, la procédure de construction et de paiement ne respecte pas les règles. Un avocat spécialisé en marchés publics est alors mandaté pour proposer un montage juridique permettant de régulariser la situation financière, actuellement soumis à la tutelle.

Par ailleurs, les travaux d’aménagement de la place sont maintenus comme projet distinct de la cabine. Cependant, il est indiqué que sans solution financière pour cette dernière, les travaux pourraient rester suspendus.

En août 2025, l’échevin des travaux déclare dans la presse qu’aucune décision définitive n’a encore été prise concernant l’avenir de la cabine, qui pourrait être aménagée, déplacée ou éventuellement enterrée. La reprise des travaux est annoncée pour mars 2026.

En septembre 2025, en séance de conseil communal, le collège propose trois solutions : enterrer la cabine électrique, la déplacer ou la laisser sur la place. Le groupe Gérer Plus quitte la séance et refuse de voter ce point car, des plaintes ayant été déposées, aucune action ne peut être entreprise sans décision du tribunal. Maintenir la cabine sur la place est illégal et contre la volonté des riverains, la déplacer ratifierait une situation irrégulière (avec un coût de 300.000 euros), la solution d’enterrer la cabine a été jugée impossible par Ores.

En mars 2026, le bourgmestre déclare sur facebook que la commune est « en attente d’un retour de la tutelle régionale pour enclencher la suite ».

Le 14 août 2026, le bourgmestre annonce sur facebook la reprise des travaux le 24 août par l’entreprise Lambert.

Nous nous réjouissons sincèrement de l’annonce de la reprise des travaux de la Place du Centenaire dès ce 24 août. Après toutes ces années, Habay-la-Vieille mérite enfin de voir ce projet aboutir.

Mais cette bonne nouvelle est aussi l’occasion de revenir sur une affirmation répétée à plusieurs reprises concernant les six conseillers de Gérer+.

En septembre dernier, il nous avait été reproché de « ne pas vouloir nous mouiller ».

En avril encore, le Bourgmestre déclarait dans la presse avoir pris acte de notre « refus de collaboration » dans le dossier de la cabine électrique.

Nous ne pouvons pas laisser cette présentation des faits s’installer. Nous n’avons jamais refusé de collaborer à l’aménagement de la Place du Centenaire.

Nous avons refusé autre chose : participer à une décision destinée à régler les conséquences d’une situation irrégulière que nous n’avons ni créée, ni décidée, ni autorisée.

Rappelons les faits.

La cabine a été construite en 2022 sur le domaine communal.

Les conseillers de Gérer+ n’ont :

  •  ni décidé sa construction ;

  •  ni commandé les travaux ;

  •  ni choisi l’entreprise ;

  •  ni attribué de marché public ;

  •  ni conclu de convention ;

  •  ni déterminé une quelconque répartition financière.

La commune a elle-même reconnu, en juillet 2025, que cette cabine avait été construite par un prestataire externe sans décision officielle de la Commune et qu’elle n’avait pas été construite dans les règles.

Et que nous demandait-on ensuite en septembre 2025 ? De participer au choix de la manière de sortir de cette situation.

Le document préparatoire soumis au conseil était particulièrement clair.

L’une des solutions proposées prévoyait de déplacer la cabine, de commander une étude à ORES, de mettre un nouveau terrain à disposition, de démolir la cabine actuelle, d’obtenir un nouveau permis et d’inscrire 300.000 € au budget extraordinaire 2026.

L’autre solution consistait à maintenir la cabine à son emplacement.

Nous avons refusé de participer à ce choix. Ce n’est pas un refus de collaboration. C’est un refus d’endosser une responsabilité qui n’est pas la nôtre.

La majorité dispose de 13 sièges sur 19 au conseil communal. Elle disposait donc de toutes les voix nécessaires pour prendre la décision qu’elle estimait juridiquement et financièrement correcte.

Pourquoi aurait-elle eu besoin des six voix de la minorité ?

Notre rôle n’est pas de donner une caution politique collective à une opération que nous contestons depuis son origine.

Notre rôle est précisément de contrôler la légalité des décisions, de défendre les intérêts de la Commune et de veiller à l’utilisation des deniers publics.

Et aujourd’hui encore, indépendamment de la reprise des travaux de la Place, certaines questions restent posées :

  • Qui est juridiquement propriétaire de cette cabine ?

  • Qui doit en supporter le coût ?

  • Les responsabilités liées à la construction irrégulière ont-elles été établies ?

  • Et enfin, puisque la décision a finalement été prise de laisser la cabine à l’endroit où elle a été construite en 2022, une dernière question nous paraît légitime :

  • Pourquoi les travaux de la Place du Centenaire sont-ils alors restés à l’arrêt pendant plus de trois ans ? Qu’est-ce qui empêchait réellement leur poursuite ?

Ce sont ces réponses que nous attendons.

Alors oui, nous nous réjouissons de voir enfin les travaux de la Place reprendre.

Nous collaborerons toujours lorsqu’il s’agit de faire avancer Habay et ses villages. Mais collaborer ne signifie pas cautionner après coup des décisions que nous n’avons pas prises.

Et contrôler l’action d’une majorité n’est pas refuser de collaborer.

C’est précisément le rôle d’une minorité dans une démocratie communale.